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Visite guidée du Callejón de Huaylas

2007-07-31 – 2007-08-01
Nous participons à un tour organisé pour visiter la région de Huaraz, vallée appelée « El Callejón de Huaylas ». Nous découvrons la plus haute montagne tropicale du monde, un lac couleur turquoise intense et l'ancienne ville de Yungay, rayée de la carte par la catastrophe la plus grave qu'ait connu le Pérou.

Bien décidés à faire la randonnée vers le lac Churup, pour laquelle nous étions trop tard la veille, nous avons réglé notre réveil à 06:00. Lorsqu'il sonne, nous n'avons vraiment pas le courage de nous lever et le retardons plusieurs fois. Nous nous levons finalement vers 09:30. La randonnée est reportée jusqu'à nouvel ordre.

Après avoir déjeuné au restaurant végétarien, nous écrivons un nouveau récit pour notre site web et allons le publier.

La veille, nous nous sommes renseignés auprès de deux agences qui organisent des tours guidés dans les environs de Huaraz. C'est une façon facile et bon marché de visiter la région en recevant des explications intéressantes. Le soir, nous allons nous inscrire au tour du lendemain pour visiter la vallée de Huaraz appelée « El Callejón de Huaylas » et aller voir un des lacs Llanganuco (prononcer « Yanganouco »). Ça ne coute que 32 soles (environ €8) par personne, tout compris. Les explications seront en espagnol. Nous ne devrions pas avoir trop de problèmes pour comprendre. En compréhension, nous nous en sortons de mieux en mieux. Reste à améliorer l'expression.

Nous retournons souper à la bonne pizzeria que nous avons découverte la veille, puis, après une bonne glace, nous louons à nouveau un DVD pour la soirée.

Le lendemain, nous nous levons à 07:00. Après avoir déjeuné, nous nous rendons au point de départ du tour. Le minibus démarre à 09:15. Apparemment, nous sommes les seuls touristes ne venant pas d'Amérique du Sud. La guide est sympathique. Elle donne ses explications en espagnol en prenant soin de parler lentement et très clairement. Nous comprenons presque tout.

Vers 10:00 nous nous arrêtons quelques instants pour pouvoir prendre des photos du mont Huascarán, la montagne tropicale la plus haute du monde, avec son sommet à 6768 m d'altitude. C'est également la montagne la plus haute des Andes péruviennes. Elle fait partie de la Cordillère blanche. La Cordillère blanche regroupe 50 sommets de 5700 m ou plus et 663 glaciers, dont 29 situés à 6000 m ou plus (Huascarán étant l'un d'eux).

Plus loin, nous nous arrêtons sur la place du village de Carhuaz. La guide nous explique que les vêtements traditionnels que portent les habitants ont une signification particulière (classe sociale, marié ou célibataire,…) en fonction des couleurs du chapeau, du nombre de jupes superposées, etc.

Carhuaz est aussi réputée pour ses crèmes glacées naturelles. Nous prenons un cornet avec deux parfums un peu spéciaux : chirimoya (chérimole, un fruit de la Cordillère des Andes) et bière ! Apparemment, nous avons très mal choisi. Nous ne sommes pas du tout habitués à ce genre de gouts. Il y a même des noyaux dans la glace au chirimoya. Nous donnons notre cornet à un mendiant qui nous tourne autour depuis un moment et qui l'accepte avec plaisir. Au moins ça aura plu à quelqu'un.

Nous repartons et après une heure de route, nous arrêtons à nouveau devant une vue de l'imposant mont Huascarán. Nous entrons ensuite dans le parc national de Huascarán. Nous roulons sur une route en terre bordée de gros cailloux qui monte très fort. Le minibus a un peu de mal à gravir la pente.

Vers 12:30, nous arrivons au lac de Chinancocha, un des deux lacs Llanganuco. Il se situe à une altitude de 3850 m. Son eau est d'un turquoise intense qui a presque l'air surnaturel. Sa couleur est due à du limon venant des glaciers environnants présent dans l'eau.

Nous avons du temps libre pour marcher le long du lac. De l'autre côté, il y a une zone de récréation où l'on peut manger, faire de la barque, du cheval,… Nous nous contentons de manger. Il y a un buffet avec toutes sortes de nourriture régionale. Nous prenons une assiette et choisissons un peu de tout : un épi de maïs avec des grains blancs et gros (qui a un gout un peu différent de celui que nous connaissons), une crêpe dure et grasse, des sortes de pois blancs, du maïs grillé ainsi que du fromage qui fait un peu penser à de la fêta. Comme dessert, c'est une pâte qui ressemble à de la patate douce aromatisée à la fleur d'oranger et emballée dans une feuille de maïs. Repas assez spécial mais plutôt bon et nourrissant.

Nous repartons et quittons le parc. Nous arrivons dans un village appelé Yungay et nous arrêtons pendant une heure à un restaurant. Comme nous avons déjà mangé, nous attendons dehors au soleil.

Nous passons ensuite par Caraz, village réputé pour ses sirops au miel et aux fruits. Nous goutons mais ne sommes pas convaincus par le gout beaucoup trop sucré.

Nous repartons et arrivons ensuite à l'endroit où se trouvait l'ancienne ville de Yungay. Le 31 mai 1970, un tremblement de terre de 7,9 sur l'échelle de Richter détruisit la majorité de la ville de Huaraz et causa de gros dégâts dans d'autres villes de la région. Une superficie d'environ 83 000 km2 fut touchée, plus que la Belgique et les Pays-Bas réunis. Cette catastrophe tua environ 70 000 personnes et laissa plus de 500 000 personnes sans abri.

Le tremblement de terre causa le détachement d'un énorme bloc de glace de la face nord du mont Huascarán, provoquant une gigantesque avalanche de 15 millions de m3 de glace, de pierre et de boue qui ensevelit presque complètement la ville de Yungay sous une épaisseur de 5 à 6 m en quelques minutes. 17 000 personnes moururent dans la catastrophe. Seuls 400 personnes survécurent. Les survivants se trouvaient dans des endroits surélevés de la ville, tels que le cimetière, un cirque ainsi que le stade local.

Le cimetière de plusieurs étages est construit sur une butte. Les étages du bas ont été ensevelis. Au sommet, une statue blanche de Jésus-Christ aux bras ouverts a été construite quelques années avant le drame. Certains disent que c'est un miracle qu'elle ait été épargnée.

En voyant l'immense statue, bras grands ouverts face au mont Huascarán, nous avons plutôt l'impression qu'il l'appelle à lui. Troublant…

Tandis que la guide nous explique en détail comment s'est passé le désastre, nous marchons à l'endroit même où il s'est déroulé. Nous voyons la montagne et imaginons ce qu'il s'est passé. C'est effrayant. Cinq à six mètres sous nos pieds se trouvent l'ancienne ville et ses victimes.

En retournant vers Huaraz, nous nous arrêtons quelques minutes pour visiter une boutique de poterie. Un artisan est en train de fabriquer une cruche sur un tour.

À un moment sur la route du retour, nous nous retrouvons coincés par un embouteillage. À quelques dizaines de mètres devant nous, nous voyons une camionnette accidentée sur la route, retournée sur son toit. Il y a des débris de verre autour. Les fenêtres ont disparu. La partie supérieure de la camionnette est complètement aplatie, jusqu'aux sièges !

Des gens de notre bus ainsi que des passagers d'autres voitures qui s'arrêtent, filment ou prennent des photos. Nous sommes scandalisés. Après un moment, nous pouvons contourner le véhicule et continuer la route, sans connaitre le bilan des victimes. Pourvu que ce ne soit pas trop grave.

Encore un peu troublés par l'accident, nous arrivons à Huaraz vers 20:00. Après avoir soupé, nous ne tardons pas à aller nous coucher.

Cette journée aura été très instructive. C'est intéressant de recevoir des explications sur ce que nous voyons. Nous avons pu prendre conscience de l'ampleur de la catastrophe la plus grave que le Pérou ait connu. Nous ne sommes pas près de l'oublier.