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Rapa Nui

2007-10-02 – 2007-10-06
Nous nous envolons vers Rapa Nui, plus connue sous le nom de l'ile de Pâques, une des iles habitées les plus isolées du monde. Nous y restons quatre jours, le temps de nous imprégner de cet endroit légendaire et de sa mystérieuse civilisation.

Notre avion pour l'ile de Pâques décolle aux alentours de 08:30 de l'aéroport de Santiago. Nous sommes tout excités à l'idée de bientôt découvrir cet endroit quasiment imaginaire où nous n'aurions jamais pensé mettre un jour les pieds.

Après environ cinq heures et demie de vol au-dessus de l'océan Pacifique, nous apercevons enfin l'ile à travers notre hublot. Nous atterrissons un peu après 12:00, heure locale (14:00, heure de Santiago), à l'aéroport de Hanga Roa, la capitale.

En sortant de l'avion, nous sommes surpris par la forte humidité. L'aéroport est tout petit et il n'y a bien sûr qu'une seule piste d'atterrissage. Pendant que Hugues attend nos sacs devant le tapis roulant, Maïte se renseigne sur le prix des auberges auprès des stands dans le hall. Elle trouve une pension pas trop chère (pour l'endroit) : 12 000 pesos (environ €17) pour une chambre double avec salle de bain partagée.

La dame de la pension nous y emmène. Elle se trouve au bord de la mer. Il n'y a qu'un autre occupant à part nous, un Espagnol. La propriétaire nous offre le thé et le café sur la terrasse. La famille qui habite dans la pension Apina Tupuna sont des Rapa Nui, descendants de la civilisation qui a construit les fameuses statues. Entre eux, ils parlent rapa nui.

Bien qu'il existe encore plusieurs théories à ce sujet, la plus probable est que l'ile de Pâques aurait été habitée pour la première fois aux alentours de 1200 après J-C, par des peuplades venant de Polynésie, arrivés sur l'ile sur des catamarans. En voyant et en entendant parler leurs descendants actuels, nous n'avons quasiment aucun doute qu'il s'agisse bien de cousins des Maori de Nouvelle-Zélande.

Les premiers habitants de l'ile lui ont donné le nom « Rapa Nui ». Actuellement, elle s'appelle officiellement « Ile de Pâques ». Ce nom vient du fait qu'elle fut découverte par le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen le jour de Pâques, le 5 avril 1722. Elle fut annexée par l'Espagne en 1770. En 1888, elle est devenue une province du Chili. Beaucoup de monde l'appelle encore par son nom original, « Rapa Nui ».

L'ile, d'une superficie d'environ 170 km2, se trouve dans l'océan Pacifique, à environ 3 600 km des côtes chiliennes et à environ 4 000 km de Tahiti, en faisant une des iles habitées les plus isolées du monde. Pour cette raison, les Rapa Nui ont surnommé leur ile « te pito o te henua », le nombril du monde.

Nous quittons la pension et allons faire un petit tour. Nous longeons la mer et voyons les vagues frapper les rochers. Nous regardons l'horizon et essayons de réaliser où nous sommes, sans encore vraiment y parvenir. C'est fou ! Dire qu'il y a quelques heures, nous étions encore sur le continent.

Nous allons diner-souper dans le « centre-ville », constitué principalement d'une rue. Il y a beaucoup de chiens errants qui adorent courir après les voitures.

Il y a un petit supermarché où nous allons faire quelques courses. La plupart des produits coutent le double de leur prix habituel. Évidemment, les apporter jusque là, c'est loin d'être gratuit. Heureusement, nous avons fait quelques stocks à Santiago avant de partir. Dans le supermarché, Il y a aussi une boulangerie qui fait notamment de délicieuses empanadas auxquelles nous avons du mal à résister.

De retour à la pension, nous ne tardons pas à aller nous coucher. Nous sommes fatigués à cause de notre réveil très matinal, du voyage et du décalage horaire.

Le lendemain, nous partons nous balader en direction d'Orongo, un lieu de cérémonie situé en bordure du cratère du volcan Rano Kau. La promenade jusque là dure environ deux heures.

Nous arrivons au bord de l'impressionnant cratère du volcan éteint. Il est rempli d'eau dont la surface est partiellement recouverte par des plantes. L'eau reflète le ciel. L'ensemble est étrange et joli.

Pour entrer dans le site d'Orongo, nous devons payer une entrée s'élevant à 5 000 pesos (environ €7) par personne. Le billet d'entrée nous donne non seulement accès à Orongo, mais à l'ensemble du Parc National Rapa Nui, qui s'étend pratiquement sur toute l'ile. Les deux gardiens du parc qui nous vendent nos billets à l'entrée sont très sympa et souriants. C'est chouette d'être accueillis comme ça.

Le site est constitué de petites habitations en pierre. Celles-ci étaient utilisées lors des cérémonies qui se déroulaient une fois par an. Ces cérémonies étaient liées au culte du tangata-manu (ou homme-oiseau).

L'homme-oiseau était le vainqueur de la compétition annuelle qui consistait à ramener le premier œuf du manutara (sterne fuligineuse), un oiseau venant nicher sur les ilots Motu Nui et Motu Iti se trouvant au large d'Orongo. La compétition était très rude car il fallait d'abord descendre une falaise d'environ 300 m, nager jusqu'aux ilots en évitant de se faire manger par les requins et ensuite parfois attendre plusieurs semaines que l'oiseau ponde un œuf. Le vainqueur (ou celui que le participant représentait) devenait le chef de l'ile jusqu'à la prochaine compétition.

L'ile est beaucoup plus grande que ce que nous pensions. Nous imaginions pouvoir facilement en faire le tour à pied, mais c'est impossible en une journée. Nous pouvons louer des vélos mais, même comme ça, une journée ne serait pas vraiment suffisante, à moins d'être très sportif et de ne pas s'arrêter pour admirer les différents sites (ce qui serait un peu bête :)).

Le lendemain, nous louons donc une moto de cross pour partir à la découverte de l'ile et de ses fameuses statues : les moaïs. Celles-ci étaient dédiées au culte des ancêtres et étaient installées sur une plate-forme appelée « ahu » devant laquelle se déroulait des cérémonies. On retrouve de nombreux ahus répartis tout autour de l'ile, principalement sur les côtes.

Les moaïs on été construits en majorité entre 1250 et 1500 après J-C. Aux alentours de 1800, des conflits ont éclaté entre les deux clans de l'ile (les oreilles longues et les oreilles courtes), durant lesquels tous les moaïs ont été renversés. Ceux qui sont debout actuellement ont été restaurés (il y en a environ 50).

Hugues est surpris quand nous devons payer le prix de la location de la moto. Sur le prospectus, le prix était écrit ainsi : $20.000. Hugues, qui n'était peut-être pas encore tout à fait réveillé, croyait qu'il s'agissait de US$20, alors qu'il s'agissait en fait de 20 000 pesos (environ €28), ce qui correspond au double ! Maïte, qui trouvait le prix élevé avait été surprise par l'enthousiasme de Hugues…

Nous quittons Hanga Roa et nous dirigeons vers la côte sud-est de l'ile. Nous nous arrêtons d'abord devant plusieurs sites non restaurés où les statues sont toutes allongées. Nous sommes quasiment seuls sur la route. De temps à autre, nous voyons un faucon ou des troupeaux de chevaux vivant en liberté. Il fait beau et l'eau de la mer est d'un bleu intense. Quelques nuages font parfois leur apparition, faisant varier la lumière.

Ensuite, nous allons voir le volcan Rano Raraku, dans les parois duquel les moaïs étaient sculptées. 834 des 887 statues connues actuellement proviennent de ce volcan et sont donc faites de tuf de lave. Les moaïs étaient sculptés sur place et ensuite transportés vers l'ahu. Plusieurs théories ont été avancées quant à la technique utilisée pour transporter les statues. 394 moaïs achevés ou non se trouvent encore à côté (enterrées jusqu'aux épaules) ou dans les parois du volcan.

Nous continuons sur la route en terre (pratique d'avoir une moto de cross) et arrivons à l'ahu Tongariki, le premier restauré que nous voyons. Il compte 15 statues de tailles différentes. Contrairement à l'idée que nous avions, quasiment tous les moaïs de l'ile tournent le dos à la mer. Ils sont positionnés ainsi pour que les ancêtres illustres qu'ils représentent regardent l'intérieur de l'ile et puissent prendre part à la vie quotidienne.

Plus tard, nous arrivons à Anakena, au nord de l'ile. Nous sommes surpris par ce que nous voyons : une centaine de cocotiers s'étalent devant nous. Derrière, nous voyons le bleu pur de la mer et devinons une plage de sable blanc.

Nous nous dirigeons vers la plage et allons voir les moaïs du ahu Nau Nau, restauré lui aussi. Plusieurs des statues portent un pukao, sorte de chapeau ou de coiffe cylindrique. Apparemment, la plupart des moaïs de l'ile en portaient à l'origine. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ils avaient aussi des yeux blancs, faits de corail, mais ils ont tous disparu.

La plage est paradisiaque. Nous nous en voulons de ne pas avoir emporté nos maillots.

Nous retournons ensuite en direction de la ville pour aller explorer la côte ouest. Nous passons d'abord par Puna Pau, une colline volcanique dans la roche de laquelle les pukao (les « chapeaux » des moaïs), faits en scorie rouge, étaient sculptés. De là, nous avons une belle vue sur Hanga Roa et ses alentours.

Après, nous allons voir l'ahu Akivi, également restauré. Nous retournons ensuite vers la ville en longeant la côte sur un chemin de terre très accidenté. Chouette parcours de motocross !

Le soir, alors que nous soupons sur la terrasse de notre pension, nous voyons le ciel changer de couleur avec le coucher du soleil. Les couleurs sont vraiment magnifiques.

Puisque nous avons vu quasiment tout ce qu'il y avait à voir sur l'ile, le lendemain nous décidons d'effacer notre frustration de la veille en retournant à la plage paradisiaque d'Anakena, avec nos maillots cette fois-ci !

Nous achetons d'abord des empanadas, histoire d'avoir quelque chose dans le ventre. Alors que nous les mangeons en marchant tranquillement dans la rue, Maïte ne se doute pas du danger qui la menace. Hugues le voit arriver, mais il est déjà trop tard, le chien errant a sournoisement arraché l'empanada de la main de Maïte ! Par contre, il a mal calculé son coup et sa proie est tombée par terre. Le sang de Hugues ne fait qu'un tour, il fait fuir le chien et récupère l'objet de convoitise qu'il remet à sa dulcinée, toute heureuse. Quelle épopée !

En espérant que ce sera moins cher qu'une moto (en plus d'être moins polluant), nous allons nous renseigner sur le prix des vélos à louer. Nous sommes tout de suite refroidis : 8000 pesos (environ €11) par vélo pour la journée. Avec deux vélos nous arrivons quasiment au même prix que la moto. Mieux, nous pouvons louer un scooter à 10 000 pesos (environ €14) pour une demi-journée.

Nous optons donc pour le scooter. Après être allés chercher nos maillots et nous être badigeonnés de crème solaire, nous allons chercher notre véhicule. L'homme de l'agence nous reconnait de la veille et nous fait une faveur : il nous offre la moto de la veille au prix du scooter.

En chemin vers Anakena, nous apercevons un cheval mort couché sur le bord de la route. Sans doute a-t-il été touché par une voiture… C'est triste :(.

Nous arrivons à la plage et faisons trempette. Brrr ! L'océan avait l'air plus chaud la veille. Heureusement, le soleil est de la partie et nous n'avons pas vraiment l'occasion d'avoir froid.

Après avoir profité de la plage pendant une bonne heure, nous retournons vers la ville. Nous recroisons le cheval couché… et Maïte a l'impression de l'avoir vu bouger ! Nous faisons demi-tour et nous en approchons. Voilà qu'il essaie de se lever ! Il a l'air épuisé et souffrant mais nous ne savons pas de quoi. Il n'a pas de blessure apparente.

Nous arrivons dans la ville, bien décidés à prévenir quelqu'un. Un vétérinaire ? Un policier ? Nous ne savons pas où aller. Nous allons à l'agence de location de motos et expliquons ce que nous avons vu. La dame a l'air aussi inquiète que nous et téléphone immédiatement à qui de droit (les gardiens du parc national). Pourvu qu'ils pourront l'aider…

Ensuite, nous partons visiter le musée anthropologique P. Sebastián Englert, qui se situe de l'autre côté de la ville. L'entrée ne coute que 1000 pesos (environ €1,40), enfin un prix raisonnable sur cette ile !

Ce petit musée montre de nombreuses pièces anciennes et explique en détail tout ce que l'on sait à propos de l'ile, de la civilisation Rapa Nui et de ses coutumes. Il y a beaucoup à lire mais c'est vraiment très intéressant.

Nous allons ensuite rendre la moto, puis nous laissons tenter par une glace. Nous choisissons la plus petite portion et nous retrouvons avec une boule immense à la mangue, pas chère et très bonne. L'ordre de grandeur des glaces au Chili a l'air d'être fort différent du nôtre, comme nous l'avait déjà fait supposer notre expérience précédente à Santiago.

La glace avalée, nous allons à la feria artesanal (marché artisanal) acheter des cartes postales et quelques petites statuettes en bois représentant évidemment des moaïs.

Le lendemain matin, nous quittons notre pension et allons à pied jusqu'à l'aéroport, nos gros sacs sur le dos. Ce n'est pas dans toutes les villes que nous pourrions faire ça :). Enfin, ce n'est quand même pas si près que ça et, bien qu'il ne fasse pas tellement chaud, nous y arrivons en sueur.

Ce séjour sur Rapa Nui nous a vraiment enchantés. Tout y est calme. Il y a moins de 4 000 habitants et, vu la difficulté d'y accéder, ou surtout le prix du voyage, il n'y a presque pas de touristes. Nous étions quasiment seuls quand nous avons visité les sites. C'est très agréable de découvrir d'aussi belles choses dans le calme et entourés de nature.

Pour nous, le fait que l'ile soit une province du Chili est une aberration. Le peuple et sa culture n'ont rien à voir avec le Chili, ce sont clairement des Polynésiens, comme les indigènes de Hawaii et de Nouvelle-Zélande. Visiter cette ile était pour nous comme visiter un pays totalement différent du Chili.

Notre avion décolle à 13:20. Par le hublot, nous jetons un dernier regard à cette ile si particulière. Nous aurons du mal à l'oublier.


Un peu de poésie ...

Henri Salvador nous chante sur les paroles de Bernard Dimey:

"J'aimerais tant voir Syracuse
L'île de Pâques et Kairouan
Et les grands oiseaux qui s'amusent
A glisser l'aile sous le vent

Voir les jardins de Babylone
Et le palais du Grand Lama
Rêver des amants de Vérone
Au sommet du Fuji Yama

Voir le pays du matin calme
Aller pêcher le cormoran
Et m'enivrer de vin de palme
En écoutant chanter le vent

Avant que ma jeunesse s'use
Et que mes printemps soient partis
J'aimerais tant voir Syracuse
Pour m'en souvenir à Paris!"

C'est beau quand même hé!