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Todo es posible, nada es seguro

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2007-09-18 – 2007-09-20
Tout est possible, rien n'est sûr. Pour quitter Uyuni et rejoindre San Pedro de Atacama au Chili, la chance doit être de notre côté, sous peine de rester coincés indéfiniment dans cette petite ville sans aucun intérêt.

Il n'y a qu'une seule agence de voyage qui relie Uyuni directement à San Pedro de Atacama : Colque Tours. Elle organise des tours dans le Salar de Uyuni semblable à celui que nous avons fait. Elle a aussi une division à San Pedro de Atacama au Chili.

Les gens qui démarrent leur tour à San Pedro de Atacama ne retournent pas nécessairement à leur point de départ, mais s'arrêtent parfois à Uyuni pour continuer leur voyage en Bolivie. C'est ainsi que l'agence propose un transport en 4 × 4 d'Uyuni à San Pedro de Atacama quand des places se libèrent.

En arrivant à Uyuni, nous sommes allés voir Colque Tours pour réserver deux places pour le lendemain. Ils nous ont expliqué qu'ils ne savent pas à l'avance s'il y aura des places. Nous devons donc revenir le jour-même à 15:30.

Le lendemain, après avoir profité du temps que nous avons pour écrire quelques cartes postales et téléphoner à la famille de Hugues, nous allons comme prévu à l'agence à 15:30. « C'est complet, désolé. Revenez demain. ». Nous perdons bêtement un jour. En plus, rien ne nous garantit que nous n'aurons pas le même coup le lendemain. Pas moyen de réserver puisque rien n'est défini d'un jour à l'autre.

Plutôt que d'attendre bêtement le lendemain pour voir si nous resterons au moins un jour de plus, nous allons nous renseigner dans plusieurs autres agences de voyage en espérant qu'il y en a peut-être une autre qui dessert aussi San Pedro de Atacama.

La plupart des agences nous disent d'aller chez Colque Tours, mais après en avoir visité une petite dizaine, nous apprenons qu'une autre agence nous permettrait également de rejoindre San Pedro de Atacama. Nous y allons. Il n'y a plus de place. La dame nous dit de revenir à 18:00, il y aura peut-être moyen que nous y allions quand même. « Todo es posible, nada es seguro. » (Tout est possible, rien n'est sûr.), nous dit-elle.

En attendant, nous allons boire un verre et manger un bout au Pub Wiphala, où nous étions allés avec les autres la veille. C'est bon, pas cher et plutôt bien décoré, et pourtant, il n'y a aucun client. Peut-être est-ce parce que le service est extrêmement lent… De toute façon, nous ne sommes pas pressés.

À 18:00, nous retournons à l'agence, mais on nous dit évidemment que ça n'ira pas. « Quizas mañana… » (Peut-être demain…) Nous retournons à l'hôtel Marith, où nous avons logé, et réservons une nuit de plus.

Il y a en fait un autre moyen d'aller à San Pedro de Atacama. Un bus dessert en effet Calama, au Chili. De là, il faut prendre un autre bus jusqu'à San Pedro de Atacama. C'est tout à fait faisable. Le problème, c'est que ce bus pour Calama part à 04:00 du matin… le lundi et le jeudi seulement. Nous sommes mardi.

Le lendemain, nous décidons d'aller voir Colque Tours dès le matin (l'agence est fermée de 12:00 à 15:30), pour peut-être avoir plus de chances d'obtenir une place. La dame, qui commence à nous connaitre, nous assure que s'il y a des places, elles seront en priorité pour nous. C'est toujours ça de gagné. À l'autre agence, on nous dit qu'il n'y aura pas de départ aujourd'hui.

Chose étrange à Uyuni : l'horloge de la tour au centre du village affiche l'heure… avec 10 minutes de retard. Comme apparemment les habitants l'utilisent pour régler leur montre, toute la ville vit dix minutes dans le passé.

À 15:30, nous retournons chez Colque Tours. Ils nous font nous asseoir dans un coin et patienter pendant qu'ils s'occupent d'autres clients. D'après ce que nous comprenons de ce qu'ils se racontent, ça ne s'annonce pas bien. De toute façon, nous pouvons toujours prendre le bus de 04:00 le lendemain matin.

Finalement, après 15 minutes d'attente, on nous annonce que c'est bon, nous partirons à 18:00. Super ! Nous avons du mal à y croire, nous avions presque perdu espoir.

À l'heure prévue, nous revenons avec nos bagages. Nous faisons la connaissance de Josephine et Jorge, deux Chiliens qui feront le trajet avec nous. Nous patientons dans l'agence. À 18:45, nous allons enfin nous mettre en route. Notre chauffeur met nos bagages sur le toit (après que nous ayons dû insister car il n'avait pas le courage). Nous ne sommes pas partis pour autant, il doit encore changer un pneu qui a un gros trou mal rafistolé. Nous démarrons finalement à 19:00 mais faisons encore une escale d'une demi-heure à la maison du chauffeur avant de vraiment prendre la route.

Comme dans le 4 × 4 de notre tour dans le Salar de Uyuni, il y a deux banquettes à l'arrière. Nous sommes assis sur celle du fond et c'est loin d'être confortable. Le chauffeur a mis de la musique grâce à l'autoradio à cassette et le haut-parleur à côté de nous grésille très fort au rythme du moteur.

Un peu après être partis, le chauffeur s'arrête et fait monter une dame qui attendait sur le bord de la route. Nous discutons avec les Chiliens. Nous trouvons Jorge très prétentieux, macho et un peu arrogant. Ce n'est pas vraiment le genre de personne avec qui nous nous entendons bien.

Nous arrivons un peu après 22:00 à l'endroit où nous allons loger. Il fait très froid. Il y a un groupe électrogène qui fait beaucoup de bruit. Les « toilettes » sont dans état lamentable et puent affreusement.

Peu après être arrivés, le chauffeur nous dit qu'il y a un changement de plans : au lieu de partir tôt le lendemain matin pour arriver vers midi à San Pedro de Atacama, nous partirons plus tard et ferons un détour pour aller chercher d'autres personnes et arriver finalement à Calama, où nous devrons prendre un bus jusqu'à San Pedro de Atacama. Ceci nous ferait arriver en fin d'après-midi, et c'est quasiment le même trajet que celui du bus qui partait à 04:00 du matin (et qui coute beaucoup moins cher que ce que nous avons payé).

Cela ne nous enchante pas du tout, et les Chiliens non plus. Comme ils parlent évidemment couramment espagnol, ils ne se laissent pas faire et exigent du chauffeur que nous suivions l'itinéraire et l'horaire prévu au départ. Le chauffeur résiste un peu en expliquant que ce n'est pas lui qui décide mais son patron, mais finalement nous obtenons gain de cause.

Après qu'on nous ait servi un petit repas pas terrible, nous nous mettons au lit tout habillés, il fait très froid et nous n'avons que quatre heures pour dormir.

Le réveil sonne à 03:40 et nous démarrons vers quatre heures dans la nuit noire avec notre sac de couchage sur nous comme une couverture : il gèle, les vitres sont givrées et le chauffage de la voiture ne fonctionne évidemment pas. De plus, nous sommes de nouveau assis inconfortablement à l'arrière, les deux Chiliens ayant repris les deux bonnes places à l'avant sans même nous proposer de changer. Avec notre groupe du Salar de Uyuni, cela se faisait tout naturellement.

Après quelques heures, le jour commence enfin à se lever, et les quelques rayons du soleil viennent un peu nous réchauffer. Nous remarquons que le chauffeur a du mal à garder les yeux ouverts et pique du nez. Pas très rassurant… Les Chiliens discutent un peu avec lui pour ne pas qu'il s'endorme.

Après un arrêt durant lequel le chauffeur chipote un peu au moteur, nous arrivons à la laguna Blanca, qui est tout près de la frontière. Là, nous déjeunons puis reprenons le 4 × 4 pour le petit bout de chemin qui nous sépare du poste-frontière.

Dernier problème : après quelques centaines de mètres, nous nous arrêtons brusquement : panne d'essence. Le chauffeur transvase plusieurs fois de l'essence d'un bidon sur le toit au réservoir au moyen d'une petite bouteille. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Nous arrivons finalement au poste d'immigration bolivien. Une dizaine de minutes plus tard, nous montons avec d'autres touristes dans un minibus tout propre qui nous conduira à San Pedro de Atacama. Nous nous séparons enfin de notre chauffeur qui, entre nous soit dit, était vraiment très sale et aimait aller chipoter bien profondément dans son nez. Tout le contraire d'Hilarion, le chauffeur un peu maniaque de la propreté que nous avons eu pour notre excursion de quatre jours dans le Salar de Uyuni et ses environs.

Josephine et Jorge terminent en fait un tour semblable à celui que nous avons fait, qu'ils ont commencé à San Pedro de Atacama avec l'agence Colque Tours. Ils nous ont expliqué comment cela s'est passé : le 4 × 4 était vieux et inconfortable avec une autoradio à cassettes avec… une seule cassette (nous avions un lecteur de CD avec toute une collection de disques), les repas étaient tous les mêmes et il n'y avait jamais assez, les endroits où ils ont logé étaient sales, leur chauffeur avait tendance à s'endormir au volant, et ils ont même perdu une roue en roulant ! Tout ça pour quasiment le même prix que nous. Décidément, Colque Tours, c'est l'agence à éviter.

Le minibus roule tout seul sur une route qui semble toute neuve. Quelle différence après plus de quatre jours en 4 × 4 ! Sur notre droite, nous voyons le cône presque parfait du volcan Licancabúr, qui se trouve à cheval sur la frontière entre la Bolivie et le Chili.

On nous distribue une série de formulaires à remplir destinés à l'immigration chilienne. Pas facile de remplir les petites cases sans support et dans un véhicule en mouvement.

Le Chili interdisant l'entrée de produits tels que fruits, légumes, produits laitiers, etc. pour des raisons de « bio-sécurité », nous mangeons en vitesse une pomme que nous avions en réserve. Ils pourront toujours essayer de nous faire un lavage d'estomac :)…

Nous arrivons au poste-frontière chilien après environ une heure de route. Celui-ci se trouve à l'entrée de San Pedro de Atacama. Il y a d'autres camionnettes de touristes et nous devons attendre notre tour. Nous faisons cacheter nos passeports puis fouiller nos sacs (« Non non, nous n'avons pas de fruit ou autre… »).

Nous redémarrons environ 40 minutes plus tard et vers 12:30, après une dizaine de minutes, la camionnette nous dépose dans le centre de San Pedro de Atacama. Enfin !


Les tribulations ...

de deux Belges en Amérique du Sud, au pays des lamas.
Vraiment il y a de quoi écrire un roman d'aventures pleine d'aventures inédites et cocasses!