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Charniers de Choeung Ek

2007-04-25 – 2007-04-26
Après avoir visité l'ancien camp de détention S-21, nous quittons le centre de Phnom Penh pour aller à l'endroit même où les prisonniers étaient amenés pour être massacrés : les charniers de Choeung Ek.

Vers 17:00, après la visite du musée Tuol Sleng, nous décidons de nous balader jusqu'au monument de l'Indépendance. Celui-ci s'inspire de la tour centrale d'Angkor Vat et fut construit en 1958 pour commémorer la fin du protectorat français.

En nous approchant du monument nous nous faisons aborder par un touriste anglophone essoufflé et tout transpirant. Il commence par nous demander d'où nous venons avant de nous raconter sa mésaventure. Comme cela se fait souvent en Asie pour visiter une ville, il a décidé de prendre les services d'un chauffeur de tuk-tuk pour la journée. En fin d'après-midi, c'est-à-dire il y a moins d'une heure, il est descendu une minute du tuk-tuk pour aller jeter un coup d'œil à la vitrine d'un magasin. Chose à ne pas faire, il a laissé dans le tuk-tuk son sac à dos avec toutes ses affaires : appareil photo, portefeuille avec carte de crédit,… Le chauffeur, ravi de la « bêtise » du touriste, a sauté sur l'occasion et s'en est allé rapidement avec son butin. Heureusement le garçon possède toujours son passeport qu'il a laissé à son hôtel. Il nous demande de le dépanner de quelques dollars pour téléphoner à sa famille et leur demander de lui envoyer de l'argent le plus rapidement possible. N'ayant pratiquement plus de liquide sur nous, nous lui donnons ce qu'il nous reste, $2. Espérons qu'il se soit vraiment fait voler son sac (enfin, on se comprend :)) et qu'il ne s'agisse pas encore d'une arnaque, mais vu son état, il avait vraiment l'air sincère.

Le lendemain nous allons visiter le camp d'extermination de Choeung Ek, situé à 15 km de Phnom Penh. Nous demandons à un des chauffeurs de tuk-tuk constamment stationnés devant notre pension de nous y conduire. Après quelques minutes de négociation, nous arrivons à un prix raisonnable pour l'aller-retour.

Nous arrivons à Choeung Ek. C'est ici qu'environ 17 000 hommes, femmes, enfants et bébés, détenus et torturés au centre de détention S-21, furent transportés pour être tués. Cet endroit était autrefois un joli verger de longaniers avant que les Khmers rouges ne le transforment et ne l'utilisent, de 1975 à 1978, comme champ d'exécution.

En 1980, les restes de 8 985 personnes furent exhumés des fosses communes. 43 des 129 charniers sont restés intacts. À certains endroits nous remarquons des lambeaux de vêtements de victimes sortir du sol. La plupart des personnes amenées ici furent massacrées de façon atroce. Pour ne pas gaspiller leurs précieuses munitions, les Khmers rouges matraquaient souvent leurs victimes à mort.

Après avoir fait le tour des lieux, nous nous dirigeons vers le stupa du Souvenir. Il fut construit en 1988 en hommage aux victimes. Plus de 8 000 crânes sont déposés dans une immense vitrine à l'intérieur du stupa. Avant d'y pénétrer nous enlevons nos chaussures. Un homme installé devant l'édifice propose des bâtonnets d'encens aux visiteurs en échange d'une petite pièce. Nous en prenons chacun un et l'allumons en pensant aux victimes du génocide.

Cela peut paraitre bizarre mais malgré les atrocités commise en ces lieux et les milliers de crânes exposés devant nous, nous trouvons l'endroit serein. Notre sentiment n'a rien à voir avec celui que nous avons eu en visitant le musée Tuol Sleng. Peut-être est-ce parce que c'est ici que pour les victimes le cauchemar se terminait enfin ? La mort était pour la plupart la délivrance de toutes leurs souffrances.

Personne ne connait le chiffre exact de Cambodgiens massacrés durant toute la durée du régime Khmer rouge. De Lonely Planet – Cambodge (2006) :
Les Vietnamiens font état de 3 millions de morts. Des experts étrangers ont d'abord estimé le nombre des victimes aux alentours de 1 million, mais début 1996, des chercheurs américains l'évaluaient à 2 millions environ.

Ce qui nous a le plus choqué durant la visite est un arbre utilisé par les bourreaux pour fracasser les crânes des bébés devant leur mère. Comment est-ce possible d'être aussi monstrueux ? Dire que tous les Cambodgiens de plus de trente ans ont vécu ces années noires et que la plupart d'entre eux ont perdu quelqu'un de proche. Comment ont-ils supporté le fait que Pol Pot soit mort de mort naturelle à 72 ans en 1998, près de 20 ans après la fin du génocide sans jamais avoir été jugé ? En réalité, jamais personne n'a été condamné pour ces atrocités. Aucun crime n'a été puni.

De Lonely Planet – Cambodge (2006) :
Le nom de Pol Pot, Frère nº1 du régime Khmer rouge, provoque un frisson d'effroi aussi bien chez les Cambodgiens que chez les étrangers. Pol Pot est en effet devenu le symbole de la folie sanguinaire de la dictature qu'il a dirigée entre 1975 et 1979, provoquant la misère, la souffrance et la mort de millions de ses compatriotes. Même après sa chute en 1979, son ombre continua de planer et pour la grande majorité du peuple cambodgien, le seul fait de le savoir en vie était un traumatisme.

C'est au Cambodge que nous avons vu le plus beau site historique depuis le début de notre voyage. La splendeur des temples d'Angkor nous a émerveillés. Mais ce pays nous a aussi montré une des faces les plus terrifiantes de l'humanité. Aucun mot ne peut décrire les atrocités commises par les Khmers rouges. Preuve que les humains sont capables du meilleur comme du pire.


Votre site en Chine!

Votre site est accessible de la Chine (gang de chaceux) On va donc continue de vous suivre.


Plus jamais ça!

et pourtant...,
sur notre belle planète bleue il y a encore trop d'endroits ou des hommes (humains?) maltraitent, torturent leurs semblables, sous le couvert de leurs gouvernements, religion ou de leur propre volonté!
Ne peut-on vraiment pas vivre en paix, faire du bien autour de soi et bannir à jamais la violence dans ce bas monde?
Si chacun y mets du sien, quelle joie de vivre pour tout un chacun!