Photo aléatoire

IMG_7453.JPG

Commentaires récents

Suivi

Nous sommes rentrés depuis 4202 jours.

Notre dernier accès à ce site web date d'il y a 5 semaines 5 jours.

En route vers la Thaïlande

|

2007-04-04
Nous quittons le Laos en bus pour entrer en Thaïlande. Le trajet se passe sans encombre, ou presque, si l'on fait abstraction des « sièges » qui nous ont été attribués.

Arrivés à la gare routière de Luang Namtha vers 08:45, nous demandons des places pour le bus de 09:30. Malheureusement il est déjà complet. Le suivant est à 11:00. N'ayant rien d'autre à faire, nous décidons d'attendre sur place. Une dizaine de minutes plus tard, un homme nous demande vers où nous allons. Nous lui répondons que nous allons à Huay Xai, la ville à la frontière. Il nous dit de le suivre et nous indique un bus qui attend. Il met nos sacs sur le toit et nous dit d'aller acheter un billet. Y aurait-il finalement encore des places dans le bus ? Est-ce un bus supplémentaire non prévu ?

Le petit bus a une vingtaine de places, mais les deux dernières rangées de sièges sont occupées jusqu'au plafond de caisses de cigarettes. Tous les sièges sont occupés et des gens sont même assis par terre dans la partie entre le conducteur et les passagers. Une petite banquette en bois à deux places, recouverte de coussinets rouges se trouve dans la rangée centrale, en face de la porte. Voilà nos places… Nous nous installons sur ce siège étroit, tournés vers la droite, face à la porte. Le voyage risque de ne pas être des plus confortables.

Un quart d'heure plus tard, deux personnes de plus s'ajoutent à la liste des passagers. Une réorganisation s'opère. Quand il n'y a plus de place, il y en a encore ! Notre banquette est mise parallèlement aux autres sièges au milieu du bus et deux petites chaises en bois prennent la place que nous occupions juste avant. Notre banquette est en fait plutôt prévue pour une personne et demie (ou pour un gros derrière). Dans la position précédente, on pouvait un peu déborder sur les côtés ; maintenant nous sommes coincés entre les autres sièges. Maïte préfère s'asseoir par terre perpendiculairement, en mettant ses jambes sous celles d'Hugues. C'est parfois utile de savoir jouer à Tetris.

Le bus démarre vers 10:00. Nous sommes à 20 alors qu'il n'y a que douze sièges utilisables. La route sur laquelle nous roulons semble être en construction. Pour l'instant, elle ressemble plus à une large piste en terre. Nous croisons un grand nombre de machines de chantier, d'ouvriers, de tas de pierres,… De temps à autre, un immense nuage de poussière se soulève de la route et emplit notre bus. Nous devons respirer à travers un foulard pour ne pas tousser.

Vers la fin de la matinée, nous passons à côté d'un bus semblable au nôtre, arrêté sur le côté de la route et d'où sort une fumée qui ne présage rien de bon. Un peu plus tard, le même bus nous dépasse à toute allure. Un peu après, notre bus s'arrête et notre conducteur verse de l'eau sur les roues, sans doute pour refroidir les plaquettes de frein. Il a l'air plus prudent que celui du bus que nous venons de voir.

Plus loin, nous le revoyons sur le bord de la route. Tous les passagers sont sortis. Nous nous arrêtons. Nous nous rendons compte qu'il s'agit d'un bus qui était à la gare routière à côté du nôtre et qui est parti à 09:30. C'est donc celui que nous voulions prendre mais qui était déjà plein. Le conducteur descend pour aider son collègue. Il sort sa boite à outils. Un passager allemand du bus en panne vient expliquer à la fenêtre la situation à un couple, apparemment des amis. Nous comprenons quelque chose comme « Motor kaput ». Finalement, le bus en panne reprend la route… poussé par les passagers.

Nous continuons et nous arrêtons quelques centaines de mètres plus loin, où le bus en panne s'est arrêté devant une sorte de garage. Un des passagers monte dans notre bus. Il doit rester debout devant la porte, faute de place ailleurs. Un peu plus tard, nous nous arrêtons pour diner.

Le personnel du petit restaurant, bien que très souriant, ne parle pratiquement pas anglais. Nous essayons de leur demander un plat sans viande, mais à leur réponse, nous nous rendons compte qu'ils ne nous comprennent pas. Nous nous rabattons alors sur deux paquets de chips. Nous nous mettons à table avec le couple d'Allemands et faisons ainsi la connaissance de Anne et de Bernd. Ils sont en vacances pour deux semaines et ont parcouru le Laos à toute allure. Maintenant, ils rejoignent Bangkok pour prendre l'avion du retour.

Au moment de redémarrer, le bus fait un drôle de bruit. Le chauffeur n'arrive apparemment pas à enclencher la première vitesse. Il essaie en deuxième, mais la route monte et s'il continue, il va griller l'embrayage. Il va chipoter sous le bus pendant quelques minutes et nous voilà repartis.

À certains endroits, la route est en macadam. Nous arrivons à la gare routière de Huay Xai vers 15:30, après cinq heures et demie de trajet. Nous partageons un tuk-tuk avec Anne et Bernd pour aller jusqu'à la frontière. Durant le trajet, nous échangeons nos derniers kips avec des bahts (la monnaie thaïlandaise) que Bernd nous propose. Il veut encore vite faire quelques courses de ce côté-ci de la frontière. Celle-ci est formée par le Mékong. Pour arriver en Thaïlande, il faut prendre un petit bateau pour traverser le fleuve. Nous arrivons au bureau de l'immigration laotien, en bordure du cours d'eau. Nous faisons cacheter nos passeports. Normalement gratuite, cette formalité nous est facturée 20 bahts (€0,45), le tarif en vigueur entre 16:00 et 18:00 et il est 16:07.

Nous traversons le fleuve en bateau, une sorte de longue pirogue à moteur. Cela met environ trois minutes, mais seulement une dizaine de secondes une fois que le moteur a démarré. Arrivés sur l'autre berge, nous franchissons un immense portail surmontée de l'inscription « Gate to Siam ». De l'autre côté, il est écrit « Gate to Indo-China ». Il ne doit pas être très récent.

Nous voilà en Thaïlande ! La ville dans laquelle nous venons d'entrer s'appelle « Chiang Khong ». Sans doute des Marseillais ont-ils dû passer par là sans trop apprécier l'endroit :). Nous présentons nos passeports aux officiers thaïlandais du bureau de l'immigration et remplissons la fiche. Pour une fois, pas besoin de visa. Si cela pouvait être comme ça partout, cela nous épargnerait beaucoup de temps et d'argent.

Nous voulons aller à Chiang Mai. Pour ce faire, nous avons prévu de prendre le bus pour Chiang Rai, d'y passer la nuit et de prendre le bus le lendemain pour Chiang Mai. D'après le guide du routard, c'est un trajet plus rapide et moins cher que le bus direct pour Chiang Mai. Notre bus part à 17:00. Il est 16:35 et la gare routière est à 2 km. Nous pouvons aussi passer la nuit ici à Chiang Khong. À côté de nous, des taxis nous proposent un trajet direct de cinq heures en minibus climatisé jusque Chiang Mai.

Le trajet en minibus est un peu plus cher que le bus, mais nous arriverions à Chiang Mai dès ce soir et ils ont l'air bien plus confortables qu'un bus public. Après le trajet que nous venons de faire sur notre petite banquette en bois, nous imaginer dans un minibus confortable et climatisé nous plait beaucoup. De toute façon, il est déjà trop tard, nous n'arriverons pas à temps à la gare routière pour prendre le bus pour Chiang Rai. Nous demandons plus d'explications. Le départ est à 18:30 mais ils nous emmènent d'abord à la pension d'où partent les minibus. Là, nous pourrons manger sur la rive du Mékong. Anne et Bernd sont enthousiastes pour cette formule et nous la choisissons également.

Nous nous installons à une table sur une terrasse couverte dominant le fleuve. Cela fait du bien de se poser un peu dans le calme après le trajet inconfortable et poussiéreux. Nous nous débarbouillons au lavabo des toilettes du restaurant. L'eau en devient presque noire. C'est tout rafraichis que nous profitons du souper. Des bateaux à l'aviron semblent faire la course sur le Mékong, cadencés par les cris d'encouragement.

L'heure du départ est arrivée. Nous entrons dans le minibus. Il y a trois rangées de trois sièges très confortables. Ils peuvent même s'incliner en arrière quasiment jusqu'à l'horizontale. Nous ne sommes que cinq : nous deux à l'avant, Anne en Bernd au milieu et un autre touriste à l'arrière. Nous avons donc toute la place que nous voulons.

La climatisation a l'air en panne, mais les fenêtres ouvertes assurent l'air frais. Le conducteur (avec permis de conduire ! c'était spécifié dans l'offre :)) a l'air de bien connaitre la route. Il roule a vive allure, mais nous n'y prêtons pas attention et nous endormons.

Nous arrivons à Chiang Mai à 23:00, après seulement quatre heures et demie de trajet. Là nous prenons un tuk-tuk ensemble. Les tuk-tuk thaïlandais ressemblent un peu aux auto-rickshaws indiens, mais sont plus allongés et plus colorés, décorés au gouts du conducteur. Le son du nôtre fait penser à un avion à hélice. Le conducteur est une femme, avec une bonne humeur et un rire de camionneur.

Une dizaine de minutes plus tard, le tuk-tuk nous dépose à la Libra Guest House, une pension que des amis de Bernd lui ont conseillé et où nous avons réservé une chambre. Nous nous installons, prenons une douche et sombrons vite dans un long et profond sommeil.

Nous voilà en Thaïlande. Bien que plutôt inconfortable, le trajet s'est passé sans encombre. Nous sommes déjà à Chiang Mai alors que nous ne comptions arriver que le lendemain. Tant mieux, cela nous fait une journée de gagnée.